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Longtemps, elle a torturé des sacs postaux pour en faire la toile de ses peintures ou la matière de ses poupées-sculptures. Les sacs sont devenus dans ses mains la matière d’un travail inspiré, aussi noir que tendrement trash. Des fillettes en jupettes croisent ou étranglent chats et lapins sur les toiles. A les voir on dirait que Madame de Ségur s’est mise au thriller. Les poupées oscillent entre vaudou et doudou et les boîtes renferment des autels païens. Depuis 2007, la photographie s’immisce dans son univers. Visages et silhouettes ramènent leur histoire, Kaizermodo rabote les époques et mixe les techniques pour ciseler des portraits ubuesques. Les photos anciennes sont d’abord devenues son terrain de jeu. Les silhouettes en noir et blanc ont commencé par devenir des personnages à tête de sac, ancêtres déjantés des fillettes. Les photos ont ensuite pris un nouveau coup d’inspiration lorsque Maud leur a choisi des visages humains. Rien de classique pour autant, la subversion a de l’avenir entre ces mains-là : les têtes surdimensionnées et expressives mettent une bonne claque à la rigidité des poses de l’époque. Dernière salve poétique, les portraits sortent aujourd’hui de leur cadre pour devenir de petits théâtres où des têtes actuelles prennent du relief dans des décors surannés. Ces miniatures ravigotent le diorama en décapant son côté désuet et font -justement- de la dentelle autour des trognes.