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Les tribunaux pour enfants sont une spécificité française. Dans les autres pays, la protection de l’enfance dépend de diverses administrations et le juge n’intervient qu’en cas de litige. Créteil est, après Paris et Bobigny, la troisième juridiction d’Île-de-France pour les mineurs. Elle compte huit juges qui gèrent d’une part entre 370 et 450 dossiers de protection de l’enfance chacun, d’autre part à eux tous 1 208 dossiers au pénal dont 400 sont en attente de mise en examen et 480 font déjà l’objet d’un suivi. À Créteil, la logique de la continuité entre protection de l’enfance et affaires pénales a été poussée jusqu’au bout pour accélérer le sauvetage de mineurs jetés dans la violence et la précarité : le parquet gère, dans une même direction, les affaires familiales et celles des mineurs. À la permanence, les six parquetières gèrent 70 appels par jour, soit quatre à cinq minutes par affaire. Souvent, les délits sont commis par des mineurs isolés aux identité multiples que le juge perd de vue dès la sortie de l’audience. Le juge de permanence ne connaît pas les mineurs qu’il met en examen au terme de leur garde à vue. Tout repose sur le rapport de personnalité des éducateurs de permanence qui n’ont eu eux-mêmes que quelques heures pour l’établir et proposer des options, y compris des placements d’urgence. En 2018, l’unité éducative auprès du tribunal a rédigé 1 725 recueils de renseignements, pour 1 163 jeunes (car certains peuvent être vus dans l’année dans plusieurs procédures).